Guerre

 

Cette semaine, mon article pour la communauté  « Communauté 1915 - 2015“ (cliquez sur le logo pour tout savoir) sera « peinture ».

Pendant toute la durée du conflit, les peintres et artistes apporteront des représentations de la guerre qui leurs sont propres. Plus ou moins patriotiques, ces oeuvres témoignent de l’extrême violence du conflit. Face aux peintres mandatés par l’Armée pour rapporter des vues des batailles, une autre représentation va s’imposer. Les expériences de guerre et la brutalité du conflit viennent se heurter à des visions académiques, héroïques voire propagandistes. Ce bouleversement dans la peinture de guerre permet de retracer les désillusions que vont partager certains de ces peintres. Par l’usage de couleurs vives ou de formes éclatées, la peinture de guerre montre la mécanisation et la déshumanisation dont souffrent les soldats, loin du réalisme héroïque qui prédominait auparavant. (site ICI)

J’ai visité nombre de sites, vu énormément de toiles mais je ne pouvais pas toutes les mettre ici pour illustrer mon article…alors, j’ai choisi celles qui suivent (cliquez sur les images pour les voir en grand format)

  

Nash - Over the topOver the Top de J. Nash représente une attaque à laquelle il a participé alors qu’il combattait dans la section « Artist Rifles » (régiment de volontaires défendant le Royaume Uni. Ce régiment est composé d’artistes tels que sculpteurs, peintres, musiciens, acteurs, architectes,…). En 1918, près de Marcoing, 90 hommes se sont élancés hors de leurs tranchées. Seuls 12 ont survécu. Dans cette toile, Nash dénonce l’absurdité de cette offensive : les soldats sortent à découvert, résignés et certains de rencontrer la mort. Avec ce tableau, Nash rend hommage à ses compagnons disparus.

 

Toile W. Roberts - The first German Gas Attack at Ypres« The First German Gas Attack at Ypres » (la 1ère attaque allemande au gaz à Ypres » – William Roberts. William Roberts s’engage en 1916 dans la Royal Artillery. Il est envoyé sur le front occidental. C’est là qu’il apprend que le bureau canadien des archives de guerre recrute des artistes pour réaliser des peintures de guerre. A sa demande, il rejoint les Canadiens pour une période de six mois en tant que fonctionnaire. Sur cette toile, William Roberts saisit les soldats gazés en fuite comme autant de figures perdues. Le gaz moutarde continue de s’échapper tout en haut de la toile en nuages jaunes et orangés. 

 

Toile J. Singer Sargent - GassedGassed (gazés) de J. Singer Sargent. En 1918, Sargent reçoit une commande du ministre britannique de l’information. Il est chargé de réaliser une grande peinture pour un projet de Hall of remembrance pour illustrer « la fusion des forces britanniques et américaines ». A la recherche d’un sujet pour sa toile, il part pour la France en juillet 1918 où il retrouve la Guard Division. C’est là, non loin d’Arras, qu’il trouve son sujet : un champ où s’amassent des hommes gazés et aveuglés. Il s’agit des victimes d’une attaque au gaz moutarde. Dans une attitude solennelle, les soldats avancent les yeux bandés, tandis que d’autres agonisent au sol.

 

Toile de C.R.W. Nevinson - Paths of GloryPaths of Glory (les Chemins de la Gloire) de  C.R. W.  Nevinson, célèbre peintre de guerre . Il a été témoin de la violence des combats alors qu’il était engagé aux côtés des français en qualité d’ambulancier. La scène que constituent ces deux cadavres de Tommies tombés devant les barbelés est une scène récurrente dans la vie des soldats.

 

Toile de Nevinson - Un TaubeA Taube  de C.R.W. Nevinson. Témoignage de la souffrance des civils dans la guerre. Elle dénonce les bombardements des villes par l’aviation allemande. Cette toile aura beaucoup de retentissement. Elle donne à la peinture de guerre un rôle majeur en se mettant du côté des civils et en informant l’opinion publique.

 

Toile d'Otto Dix - Les FlandresLes Flandres d’Otto Dix. Cette toile s’inspire de l’univers dépeint par Henri Barbusse dans « Le Feu » et rend hommage à l’ancien combattant. Dans un champ inondé, la nuit, les soldats des 2 camps se réfugient là où l’eau n’est pas encore montée. Le matin, ils se rendent compte qu’ils sont proches les uns des autres. Cachés, recroquevillés, les hommes finissent par retrouver leur forme primitive et se confondent presque avec cette terre désolée.

Ces toiles donnent une réelle idée de la souffrance, de la mort, de l’horreur…on s’attend presque à voir se relever certains personnages et je suis sure que si l’on tend l’oreille, on les entend pleurer, gémir, souffrir, mourir !

 

 

 

Cette semaine, mon article pour la communauté (cliquez sur le logo pour tous savoir) Communauté 1915 - 2015 parlera des femmes… »Journée Internationale de la Femme » oblige.

Je pourrais vous citer des textes, vous mettre des photos, etc etc pour vous décrire la condition des femmes pendant la grande guerre. J’ai consulté plein de docs, lu énormément d’articles…et je vais faire simple, en ne retenant que quelques exemples. 

 

Pendant la grande guerre, les femmes font marcher le pays. Les hommes sont partis se battre et les récoltes sont ramassées, les terres labourées, les administrations, les transports fonctionnent. Les femmes ont pris le relais et s’en sortent bien ! Pourtant, les salaires ont tous été baissés : Une femme ne peut pas gagner autant qu’un homme voyons !

 

Puis les femmes travaillent et n’enfantent plus ! Elles pourraient décider de ne plus être que des ventres et il faut empêcher ça. Certaines usines décident de mettre en place une facilité pour les mères.

Extrait d’une affichette apposée dans un atelier des établissements « la Feuillette », usine de munitions à Meudon

« Aux mères des petits enfants de France :

– Toute ouvrière obligée de quitter l’usine pour prendre les soins exigés par la maternité reçoit une prime de 50 francs.

– La naissance d’une fille donne droit à 100 francs. La naissance d’un garçon donne droit à 200 francs.

– Une pouponnière est installée dans l’usine. »

Au passage, vous avez remarqué ? La prime pour un garçon est bien plus rentable que celle d’une fille…

Le salaire journalier d’une femme travaillant dans une usine de munitions est de 6 francs par jour, pour 12 à 14 heures de travail, debout, 6 jours par semaine.

Il est dit que « le salaire d’un homme est payé pour la famille, celui d’une femme est le salaire d’un individu »…comme si la femme travaillait pour son plaisir !

 

La guerre se termine. Que deviennent les travailleuses ?

Après le 11 novembre 1918, les usines de guerre commencent à licencier en masse. 

Le 13 novembre 1918, Louis Loucheur adresse un avis « aux ouvrières des usines et établissements de l’Etat travaillant pour la Défense Nationale » :

« A l’appel du gouvernement de la République, vous avez abandonné vos occupations habituelles pour venir travailler à la fabrication des munitions de guerre. Aujourd’hui, la victoire à laquelle vous avez contribué par votre travail est acquise ; il n’y a plus lieu de fabriquer des explosifs. En retournant à vos anciennes occupations, en vous employant à d’autres travaux du temps de paix, vous serez utiles à votre pays. »

Démobilisation brutale des femmes et procédés expéditifs. Les femmes sont licenciées en masse, très souvent sans indemnités. Elles doivent retourner à leurs marmites !

Témoignage de l’une d’elles, du 1er mai 1919 :

« Depuis six ans, mon mari est sous les drapeaux. J’ai trimé pendant la guerre. Je travaillais chez Citroën. J’y ai sué le sang et laissé jeunesse et santé. Licenciée en janvier, c’est la grande misère. »

Les femmes sont obligées de travailler pour vivre…on va leur proposer l’administration, le secrétariat, le ménage, etc etc

 

Et pour la petite histoire : 

Avant 1914, les tirailleurs sénégalais emmenaient femmes et enfants sur les lieux de guerre. « Madame Tirailleur » assurait l’intendance pour son mari et il lui arrivait aussi de préparer les repas pour quelques-uns de ses camarades célibataires qui profitaient ainsi de la popote familiale. Mais « Madame Tirailleur » participe aussi aux opérations militaires, approvisionne son mari en munitions, recharge les armes sous le feu de l’ennemi… »Madame Tirailleur » partage les risques du combat aux côtés de son mari, parfois jusqu’au sacrifice suprême.

Quelques comportements exceptionnels ont même parfois été cités à l’ordre de l’armée comme « Mouina, épouse du caporal Goumier Ahmed Yacoub, blessée mortellement au combat de Talmeust en distribuant des cartouches sur la ligne de feu ».

Madame Tirailleur

Lorsque les tirailleurs sénégalais furent appelés à combattre en France à partir de l’été 1914, ils ne furent plus accompagnés par leurs femmes.

 

Pendant la grande guerre, la femme a commencé à se libérer. Tout d’abord en travaillant puis en prenant son indépendance financière…mais ça n’a pas duré ! Bien sûr, certaines ont su profiter de cette liberté et l’ont conservée. Pour les autres, elles ont repris leurs « bonnes » habitudes et ont fait ce qu’on leur demandait : « la fermer » !

Aujourd’hui, en France, la femme a trouvé une certaine liberté. Et pourtant, les inégalités n’ont pas disparu…qu’elles soient salariales, professionnelles, d’avenir…l’homme est toujours bien mieux considéré  qu’une femme.

Par exemple, la candidature de l’homme sera favorisée à l’embauche, car lui, ne partira pas en congé maternité. Puis on pourra lui demander de faire des heures sup puisqu’il n’a pas besoin de s’occuper des enfants. Il ne sera pas non plus absent pour enfants malades, etc etc…bien que les temps, les moeurs changent, ces idées absurdes restent ancrées dans les esprits…

Dans d’autres pays, les femmes sont considérées comme du bétail…pire, elles ont moins de valeur que le bétail ! Les femmes n’ont aucune liberté, doivent se couvrir des pieds à la tête…considérées comme les suppôts de Satan, elles ne doivent être que des ventres, que des reproductrices, des femmes de ménage, des cuisinières…en dehors de ça, on leur demande de se taire, de ne pas avoir d’opinion, ni de culture, etc etc…elles n’ont aucune place dans la société.

Mais bon dieu, la femme est la mère de l’homme…quand est-ce que tous vont comprendre ça ?

 

 

Pour la communauté (cliquez sur les dates ci-après)  Communauté 1915 - 2015,  j’ai tout d’abord choisi  des articles de journaux  (lien vers le journal en cliquant sur les images)

 Dans « le petit journal » du 21 février 1915…une « solution » pour diminuer le nombre d’accidents de voiture à Paris :

automobiles à Paris

 

encore dans le petit journal du 21 février 1915…une charmante histoire de rouge-gorge

tendresse française

 

 

Mais, la guerre, ça n’a rien de charmant, de mignon…comme par exemple :

Lucien Bersot, fusillé pour un pantalon

Bersot Lucien

 

Ou celle de Gaston Lefèvre, qui n’avait que 19 ans…

Lefevre Gaston

 

Mais aussi Théophile Maupas

Maupas Théophile

 

et Pierre MestrePierre Mestre

 

 

et tant d’autres. Au total, 1035 soldats français de la 1ère guerre mondiale auraient été fusillés pour l’exemple, dont 82 sans jugement.

Sur les 953 personnes jugées, 639 furent condamnées pour désobéissance militaire, 141 pour crimes de droit commun, 126 pour espionnage, 47 pour motifs inconnus.

execution_a_verdun_en_1917_dr

 

Les fiches ne racontent pas comment toute la famille de ces soldats ont pâti de ces condamnations. Un fardeau qui s’est transmis de générations en générations. Les épouses n’ont pas eu de pension de veuve de guerre. Les enfants n’ont eu pas le statut d’orphelin. C’était une sanction financière pour toute la famille ainsi qu’une honte à porter. 

Que rajouter de plus ? Encore maintenant, les exécutions pour l’exemple font débat !

 

 

 

 

 

 

 

Pour la communauté 1914 - 2014  (qui commémore le centenaire de la 1ère guerre mondiale), cette semaine j’avais envie d’insolite

 

Pendant cette guerre, les hamburgers (référence à Hambourg) ont été renommés Salisbury steak. Les saucisses Frankfurters (de  Francfort) sont devenues les « saucisses de la liberté »…et les teckels (Dachs étant le nom d’origine, qui signifie blaireau en allemand) sont devenus « chiens de liberté »

carte postale 1ère guerre mondiale

(carte postale britannique de propagande anti-allemande)

 

En 1914, suite aux premiers combats et aux défaites des troupes françaises, Joffre décide de punir 134 (ou 162 suivant les sources) généraux jugés incompétents. Il les envoie à Limoges…le mot « limoger » vient de voir le jour

Joffre en 1914

 

 

Lorsque l’on retrouvait un soldat mort, les orteils nus, on savait qu’il s’était suicidé…les soldats (à l’inverse des officiers) n’avaient pas de revolver. Pour mettre fin à leurs jours, ils posaient le fusil au sol, crosse contre terre, pointaient le canon dans leur bouche et actionnaient la gâchette avec leurs orteils, le fusil étant trop long pour se servir des mains. Pour ne pas être gênés, ils retiraient donc leurs chaussures et chaussettes.

Lebel_Model_1886

 

 

Dans les tranchées, la nuit, aucune lumière, veilleuse n’était autorisée…l’ennemi aurait pu l’apercevoir et tirer. Pour s’éclairer, les troupes anglaises attrapaient et enfermaient dans des bocaux des milliers de vers luisants…une lumière naturelle qui leur permettait de continuer à vivre malgré les ténèbres

bocal de vers luisants

 

 

En 2004, le gouvernement britannique a rendu hommage aux vers luisants et à d’autres animaux avec une sculpture érigée en leur mémoire, portant cette inscription

« ce monument est dédié à tous les animaux qui ont servi et qui sont morts aux côtés des troupes britanniques et alliées pendant les guerres et les campagnes à travers le temps. Ils n’avaient pas le choix.« 

Animals_in_War_memorial

Je ne sais pas si le sculpteur anglais David Backhouse a pensé à y mettre des vers luisants !

 

 

 

Cette semaine, pour la communauté la communauté, j’ai choisi de vous raconter l’histoire de la famille Jardot.

En 1914, à Evette, petit village situé à 10 kilomètres de Belfort, vit la famille Jardot. Jules et sa seconde épouse Honorine Marconot ont 8 enfants : 6 garçons et 2 filles.

famille Jardot

 

Aimé, l’aîné de 33 ans, est papa d’un petit Emile. Son frère, Eugène 27 ans, est lui aussi marié et sa femme Emélie est enceinte. Les 2 frères sont installés dans le bourg et tous travaillent à la ferme.

Sans être riche, la famille cultive du seigle et des patates qu’ils vont vendre à Belfort. Il y a aussi le bétail. Puis à Evette on ne meurt pas de faim, la région regorge de lacs et d’étangs riches en poissons.

Le 1er août 1914, la vie des Jardot bascule : l’ordre de mobilisation générale est proclamé à Belfort !

Les frères Jardot abandonnent fourches et charrues et partent faire la guerre. Comme tous, ils pensent qu’ils seront bientôt de retour.

Aimé et Jules sont affectés au 42ème régiment d’infanterie. Léon et Joseph-Alfred sont affectés au 171ème. Eugène, le futur papa, au 172ème. Seule Aristide est affecté comme canonnier dans l’artillerie.

La guerre s’installe sur la Marne. Envoyés fin septembre en renfort dans la Meuse, Léon, Joseph-Alfred, Eugène débarquent à Apremont-la-Forêt…en enfer !

Le 27 septembre 1914, Léon Jardot est « tué à l’ennemi »…il avait 29 ans.

Cinq jours plus tard, le 2 octobre 1914, Eugène, 27 ans, est tué à son tour, au bois d’Ailly…son fils, né 1 mois plus tard, ne connaîtra jamais son père.

A Evette, Constant Peltier, maire de l’époque, se charge du sale boulot : prévenir la famille du décès de leurs enfants. A chacune de ses funestes visites, Honorine Jardot, mère des garçons, tombe en syncope. Le patriarche, Jules, encaisse sans rien dire. Envahi de rhumatismes articulaires déformants, il continue tout au long de la guerre de travailler ses champs avec sa femme, ses filles (Marie et Othilde) et ses 2 brus.

Début novembre 1914, la famille reçoit des nouvelles de Jules. Blessé à la jambe, il a été envoyé en convalescence à Besançon. Peut-être qu’il obtiendra une permission ? Non, il n’y en aura pas.

Le maire Peltier reprend ses sinistres visites à Jules et Honorine car le 3 janvier 1914, Joseph-Alfred (23 ans) est touché par un éclat d’obus, au bois d’Ailly, là où son frère Eugène est tombé quelques mois plus tôt. Le lieutenant Sol raconte, dans une lettre envoyée au curé d’Evette « le soldat Joseph-Alfred Jardot est presque mort dans mes bras. Malgré une goutte d’alcool, la respiration artificielle et les sels ammoniaques, il n’a pu être ranimé, sans doute terrassé par une commotion cérébrale très intense et un commencement d’asphyxie causé par le gaz de la poudre. » Son corps est enterré dans un petit cimetière réservé aux besoins du régiment, contrairement à Léon et Eugène dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

3 semaines plus tard, le 8 février 1915, c’est au tour d’Aristide (28 ans) de mourir, brûlé vif dans l’incendie de son cantonnement à Berny-Rivière (Aisne). Puis le 16 juin 1915, Jules Jardot (31 ans) disparaît lors des combats acharnés de la ferme de Quennevières, à quelques kilomètres de Compiègne. 

A l’été 1915, 9 mois seulement après le début de la guerre, la famille Jardot est décimée. Seul l’aîné, Aimé, est encore en vie. Dans le village, on s’émeut, on crie « ASSEZ ! »

Monsieur Mullet, instituteur au village, décide d’écrire au ministère de la guerre. Il supplie d’épargner aux Jardot un nouveau mort et demande le retrait du front d’Aimé. Le commandement militaire finit par accepter, expédiant le rescapé au fort du Salbert, à 2 pas d’Evette…

Mais il existe une autre version, conservée aux archives départementales de Belfort…sur la fiche militaire d’Aimé, il est noté que son grade de sous-officier est cassé pour « faiblesse dégradante dans son commandement ». On n’en saura pas plus ! Il est envoyé à Issy-les-Moulineaux, puis à Belfort, où il retrouve son foyer.

En 1927, Aimé décède…à Evette une rumeur circule…il se serait suicidé !

Le sacrifice de la famille Jardot est officiellement reconnu par les autorités et le 12 mars 1921, le père Jules reçoit la croix de chevalier de la Légion d’Honneur.

Sa femme n’aura, elle, que ses yeux pour pleurer. 

Aujourd’hui, la maison de Jules et Honorine tient toujours debout, transformée en hangar agricole par leur arrière petit fils.

Une plaque est apposée en 2011 sur la maison natale des 5 frères, illustration macabre du martyr enduré par les poilus de « c’te tiatodge » (cette quatorze en patois local)

freres-jardot_5005475

 

Jusqu’à août 1914, la famille Jardot était au complet…9 mois plus tard, le temps d’une grossesse, 5 des frères étaient morts et le 6ème en sursis !

Je n’ai pas trouvé les dates de décès des parents,  Jules et Honorine Jardot…que de souffrances !

 

 

 

Je fais partie de la communauté 1914 - 2014 qui, par des articles hebdomadaires, rappelle qu’il y a 100 ans…c’était la grande guerre !

Et les enfants dans tout ça ? Pour cet article, je n’aborderai que le côté « propagande » auprès des enfants et « image » de l’enfant

Dès 1914, et pour la 1ère fois, l’enfance devient un instrument de propagande. Les autorités et une partie de la population française pensent qu’il est naturel et même sain d’intégrer les enfants au conflit. En fait, on se dit « ça ne peut leur faire que du bien et ça les transformera en adultes ». A l’école, on leur enseigne un code moral d’embrigadement systématique. L’église justifie la nécessité de l’engagement et la presse poussent les enfants à se montrer digne du sacrifice accompli par les soldats.

« L’enfant-héros » devient un modèle (cliquez sur les images pour les voir en grand format)

le courage

 

« Ceux qui manquent de patriotisme, de combativité, d’engagement sont des lâches, des mauvais français, voire des déserteurs ! » Voilà ce qu’on dit aux enfants, partout et tout le temps.

 

Autre exemple, la couverture du journal « pages de gloire », numéro 6 du dimanche 10 janvier 1915

Denise Cartier

Denise Cartier est une parisienne âgée de 10 ou 13 ans. Au cours d’un bombardement de septembre 1914, elle est gravement blessée et est amputée d’une jambe. Mais elle refuse de se plaindre auprès des soldats français qui l’interrogent. Elle n’arrête pas de leur répéter « occupez vous des soldats, qui eux combattent l’ennemi allemand. »

 

Afin de financer la guerre, entre 1915 et 1918, divers grands emprunts nationaux sont mis en place. Il faut des affiches percutantes, émouvantes…et qui mieux que les enfants peuvent illustrer ces sentiments…de grands dessinateurs, graveurs, sculpteurs, etc etc participent à l’élaboration des affiches, qui seront placardées sur tout le territoire français…comme par exemple cette BD, de Marcel Capy (1917)

BD pour l'emprunt de Capy

 

 

ou cette autre affiche

emprunt de la défense nationale

 

L’enfant, trop jeune pour aller combattre, porte l’épée en bois. La petite fille tient un drapeau français. Tous deux disent au revoir à leur père, le soldat qui part sur le front, se battre pour leur liberté.

Dans les écoles, on enseigne le français…à la « mode emprunt »

conjugaison

 

 

 

Dans le Cher, on explique aux enfants qu’ils doivent travailler la terre, être exemplaires et solidaires de leurs parents

travail des enfants à la terre

 

 

En 1916, l’administration municipale de Paris et l’Union française pour l’expansion morale et matérielle de la France organisent un concours de dessins d’enfants sur le thème des économies de guerre.

Une affiche sera éditée à partir du dessin réalisé par l’élève Camille Boutet

privations

 

 

A la fin de la guerre, on compte 760 000 orphelins en France…il faut faire appel à la solidarité nationale pour les aider et l’enfant est, là aussi, mis à contribution

appel aux dons

 

 

 

Pour la communauté 1914 - 2014 (qui commémore à sa façon la 1ère guerre mondiale), partout où je vais, je regarde les monuments aux morts…

Lorsque j’étais à Pitlochry (en Ecosse),  j’ai pris cette photo

 A Pitlochry, Ecosse

 

Ce monument aux morts a une particularité

particularité de Pitlochry

 

Vous avez vu ? Il n’est pas écrit « 1914 – 1918 » mais bien « 1914 – 1919″…ça m’a semblé bizarre. J’ai pensé que cette ville rendait hommage aux soldats morts des suites de leurs blessures après signature de l’armistice. Je suis donc allée voir sur le net ce qu’il en était et j’ai eu ma réponse.

La guerre ne s’est pas vraiment terminée le 11 novembre 1918…du moins pas sur le front d’Orient…des soldats ont combattu, sont morts, ont été blessés  jusqu’en 1919.

En 1916, l’Armée Française d’Orient (AFO) a combattu aux côtés des Armées Alliées d’Orient (AAO) regroupant les armées britanniques, Serbe, Italienne, russe et Grecque, provoquant la défaite de la Bulgarie, récupérant la Serbie et la Roumanie, puis envahissant l’Autriche-Hongrie.

Des milliers de  soldats, notamment français, sont ainsi envoyés par bateau sur ces fronts…pour vous renseigner, découvrir, lire…cliquez sur le lien ICI ou ci-après, Médiatheque-patrimoine.culture.gouv.fr

En ce qui concerne la France, Clémenceau les avait appelés avec mépris « les jardiniers de Salonique », leur reprochant longtemps leur inaction…pourtant, 5 mois après l’armistice du 11 novembre 1918, ils combattaient et mouraient encore, là-bas, en Roumanie, en Russie…ce n’est qu’en mars 1919 que les poilus d’Orient sont rembarqués d’Odessa avec le sentiment d’avoir injustement été oubliés de la grande guerre.

 

(soldats anglais débarquant à Salonique)

anglais_debarquant_Salonique

 

 

 

 

troupes_à_bord_du_Provence

 

(troupes à bord du Provence)

 

En faisant des recherches, j’ai trouvé une demande de subvention de la commune de Clénay concernant la restauration, le déplacement du monument aux morts et la pose d’une plaque commémorative.

Il y est écrit :

« sur les 140 habitants que comptait le village de Clénay au moment de la grande guerre (1914-1918) et du Front d’Orient (1914-1919), 8 soldats sont morts au front… »

et le texte explique comment les soldats morts sur les fronts d’Orient sont mal connus, voire ignorés…pour consulter, lire l’arrêté, cliquez sur l’image ci-dessous

 

demande subvention

 

 

 Voilà comment en partant d’une photo « monument aux morts 1914-1918 »  je découvre l’histoire d’une guerre, l’histoire d’oubliés, d’ignorés, l’histoire d’hommes morts loin de chez eux, pour leur patrie.

Grâce à la communauté 1914 - 2014, j’apprends, je découvre, je regarde…c’est vraiment une excellente idée cette communauté…encore merci Clara (du blog Claramicalement) pour cette idée…cliquez ICI pour aller sur son blog.

 

 

 

Comme chaque semaine, je mets un article illustrant, racontant, etc etc la période 1914 – 1918…c’est ma participation à la communauté Communauté Il y a 100 ans.

Pendant la semaine du 9 au 15 mars, la situation politique se dégrade en Europe. La guerre semble de plus en plus certaine…mais il y a aussi….

Des articles qui n’ont rien à voir avec la guerre…Dans ce magazine, on parlait de l’Allemagne pour ses inventions…

9_mars_1914

 

Et voilà, y’a plus qu’à insérer un mark…et le taxi viendra !

Je ne pense pas qu’ils aient fait appel à cette méthode les 6 et 7 septembre 1914,  lorsque 600 taxis parisiens sont  réquisitionnés : ils transporteront les hommes envoyés en renfort pour la 1ère bataille de la Marne…on appelle cet événement : « les taxis de la Marne »

Et pour finir, je vous mets la pub ci-dessous….Alors, qui veut cette chevelure ? Non, non, la moustache n’est pas comprise dans le prix…

 

chevelure

 

 

Rien que le nom du produit fait rêver non ? « La sève n° 2″…sève de qui ? de quoi ? et pour obtenir cette fameuse sève, on doit écrire ou se rendre « rue des Martyrs »…euh…je passe mon tour !

 

 

Clara (du blog Claramicalement) a eu une excellente proposition honnête : publier chaque semaine un article ayant trait à la période 1914 – 1918…et oui, cette année on « fête » le centenaire de la 1ère guerre mondiale !

Ca vous intéresse ? Allez jeter un oeil (voire les 2) sur l’article expliquant ce qu’il faut faire, comment, quand, pourquoi, où…en cliquant ICI

Je participe à cette chronique, cette période de l’histoire m’ayant toujours beaucoup intéressée.

Le 21 février 1914, dans le journal « le Petit Parisien » (vendu 5 cts – n° 13629), un article dans lequel on pouvait lire :

« La santé de nos soldats »

Monsieur Maginot, sous-secrétaire d’Etat à la Guerre,  parle au nom du Gouvernement et dit entre autre:la période critique touche à sa fin !

Mais de quoi parle cet article ? La guerre n’est pas encore commencée, alors que se passe-t-il avec la santé des soldats ?

Chaque année, dans les casernes, des soldats mouraient de maladies. En 1914, c’est à partir du 15 janvier que les épidémies ont commencé à vraiment se répandre. Il y a eu de nombreux cas de rubéole, de rougeole, de grippe, de scarlatine, de broncho-pneumonie, de fièvre cérébro-spinale et même parfois de diphtérie et de typhoïde.

Juste quelques chiffres :

Sur 367 garnisons, 125 sont contaminées. L’armée compte 823 000 hommes et il y a eu 37 531 hospitalisés.

Du 1er janvier au 15 février 1914, il y a eu 806 décès…oui, vous avez bien lu, en 1 mois et demi !!!!

Monsieur Maginot annonce « Cette année, les chiffres de la morbidité et de la mortalité dans l’armée dépasseront ceux de toutes les années précédentes ! »

Oh comme il avait raison !

J’ai lu l’article dans son intégralité…et  je suis effarée. Ces élus n’ont aucun respect pour les soldats morts. Ils énumèrent les chiffres, se disputent sur le pourquoi du comment, se rejettent les fautes, parlent budget, lois…n’ont pas une pensée pour ces jeunes morts pendant leur service militaire, pour leur famille…rien, aucune compassion !

Vous pouvez, si ça vous intéresse, retrouver l’article en cliquant sur l’image ci-dessous

 

Le petit Parisien du 21 février 1914

 

 En février 1914, des soldats décédaient de maladie, dans les casernes françaises. En lisant les articles des journaux, on s’aperçoit que la vie d’un soldat n’a pas grande valeur aux yeux des dirigeants…ça explique peut-être, en partie, les prochains millions de morts !

 

 

 

 

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