Guerre de 1914-1918

 

Mon arrière grand-mère a eu 4 filles et alors qu’elle n’y croyait plus est enfin né le garçon de la famille…c’est le 2 août 1895 que Jacques a vu le jour. Petit, chétif, il donnait vraiment l’impression qu’il ne passerait pas la nuit. Mais il a survécu. Il a ensuite grandi trop vite, n’a pas eu le temps de s’épaissir et est resté de santé fragile.

Le 2 août 1914, jour de ses 19 ans, l’ordre de mobilisation générale était affiché dans toute la France…Hommes de France, votre pays a besoin de vous, tenez vous prêt !

 

Ordre mobilisation 1914

Mais Jacques n’était pas vraiment prêt. Il aimait la poésie, il travaillait dans une étude notariale, il avait une fiancée, il était bien dans sa vie…pourquoi la changer ? Parce qu’il n’avait pas le choix.

Mon arrière grand-mère lui a surement dit « Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas appelé. Tu as la maladie des bronches. Puis le temps que ton tour vienne, la guerre sera finie ! »…et Jacques devait y croire, devait espérer. « Je ne suis pas très robuste. Je tousse dès qu’il y a de la poussière, je ne suis pas vraiment une force de la nature. Ma mère a surement raison, je ne servirai à rien là-bas ! »

Mais Jacques se trompait. En 1916, son papier est arrivé. Il devait partir sur le champ, tout laisser et rejoindre la caserne la plus proche. Là, on lui a remis un uniforme, un fusil et on l’a transporté vers l’Est, là où les hommes se battaient, mouraient. Jacques en avait entendu parler, mais ce qu’il a vu dépassait de loin toute horreur imaginable.

Des tranchées à perte de vue, de la boue, des cadavres abandonnés, des rats qui nuit et jour essayaient de vous déguster…et cette odeur…l’enfer sur terre ! Rien ni personne n’aurait pu préparer Jacques…Et cette peur collée au ventre, en permanence. Dormir à même cette boue détestée, être secoué pour sortir de la tranchée, courir, se jeter à plat ventre, tirer, tuer, essayer de survivre et revenir à cette boue à cette instant tant désirée.

Et pourtant il n’a pas fui. Il a entendu parler de ces soldats qui se tiraient une balle dans la main pour être déclarés inaptes au combat et renvoyés du front. Mais les chefs n’ont pas tardé à comprendre le manège et un ordre a été de suite promulgué  « tout soldat qui se tirera une balle pour éviter le combat sera fusillé sur le champ ». Certains ont tout de même continué à le faire.

Jacques est resté sur le front jusqu’à la fin. Il a pleuré, il a toussé, il a gémi, il a respiré les gaz moutarde…il l’a fait cette guerre !

Lorsque la fin de la guerre a été annoncée, il n’a pas chanté, il ne s’est pas réjoui. Il a juste sangloté.

Jacques a été renvoyé chez mon arrière grand-mère. Lorsqu’il est arrivé tout le monde était là pour le recevoir, l’embrasser. Mais Jacques n’était plus le même. Il ne souriait plus, ne riait plus, ne mangeait plus. A l’époque, il n’y avait pas de suivi ni de traitement post-traumatique, il fallait se débrouiller.

Combien sont rentrés et ont entendu cette phrase « tu as de la chance d’être rentré entier ! » « Oui, j’ai eu de la chance. J’ai juste eu les poumons brûlés par le gaz moutarde, mais je m’en suis sorti indemne ! »…voilà ce que devait répondre Jacques.

Jacques est mort le 17 février 1921, il avait 26 ans. Il est mort d’horreur, de désespoir. Tout ce qu’il a vu, entendu, senti pendant ces années de tranchées ont continué de le poursuivre, jour après jour, nuit après nuit. Il n’a jamais pu retrouver une vie normale.

Son nom ne figure sur aucun monument aux morts français. Sa famille n’a jamais reçu de lettre de condoléance du gouvernement français ni de pension ni aucune reconnaissance. Il est mort, comme des millions d’autres, parce qu’un jour, une guerre a été déclarée et qu’il lui fallait son quota de morts et d’horreur.

 

 

 

Je fais partie d’une super communauté, celle de  Communauté Il y a 100 ans (mais non, ça n’est pas mon âge)…Chaque semaine, les membres de cette communauté doivent publier un article relatant un événement, des souvenirs, une histoire de la 1ère guerre mondiale et il faut que ça fasse pile poil 100 ans. 

Cette semaine, j’ai choisi un article paru le 7 mars 1914, dans le journal « L’Afrique du Nord Illustré »

Vous vous dîtes : oh zut, ça fait beaucoup de lecture, je n’ai pas le temps, pas envie…et pourtant, prenez la peine de lire, ça vaut largement le détour (puis ça va être le 8 mars, journée internationale de la femme…vous comprendrez très vite la relation)

Le titre de l’article : « le problème de la vie chère »

Je recopie ici le début de l’article :

Un fait à constater dans l’évolution sociale actuelle, et qu’il faut déplorer, est le manque d’ordre et de méthode qui règne trop souvent dans les ménages ouvriers.

Il convient de s’y arrêter et d’en examiner les causes. 

Sans doute la vie a renchéri, mais les ménagères ne sont-elles point pour une bonne part responsables de ce renchérissement ? Pendant que le mari ou les enfants sont au travail, la femme s’attarde avec les voisines et ne se rappelle son devoir qu’au moment où les hommes vont bientôt rentrer. Alors, en tout hâte, elle court chez le boucher ou chez le charcutier, achète un morceau de viande de premier choix qu’elle s’empresse de faire rôtir et qu’elle ne sert même pas toujours avec un plat de pommes de terre. Et elle se répand en lamentations sur le coût excessif des denrées : la viande est hors de prix, on n’en pourra bientôt plus manger si cela continue et il faudrait bien que les hommes gagnent de moins petites journées.

L’article continue : lorsque la paie tombe, la femme dépense sans compter, en allant acheter pâtisseries, bonne viande,  en offrant sorties cinéma ou autres. Puis comme elle a tout dépensé, il faut ensuite se serrer la ceinture. Pourquoi ne fait elle pas de pot au feu ? Et cette mauvaise femme jalouse celles qui s’en sortent mieux, parce que organisées, méthodiques, etc etc 

Je vous mets le lien de cet article, que vous pourrez lire dans sa totalité Le Journal d’Afrique du Nord (pour agrandir l’article, zoomer en haut à droite de la page qui s’ouvre)

 

journal Afrique du Nord

 

Allez lire l’article…très instructif : Mesdames, plutôt que de vous lamenter parce que pensez que la vie est chère, apprenez à économiser ! Mais bon sang Mesdames, vous n’êtes donc bonnes à rien ? Heureusement, Suzanne Caron (c’est elle qui a écrit l’article) vous donne de bons conseils…mais encore faut-il que vous les suiviez !

Alors toi, qui viens de lire tout ça…tu trouves que la vie est chère ? Que tout augmente ? En es tu toujours aussi sure ou alors maintenant tu penses que ça vient de toi ? Allez, réfléchis, pose toi les bonnes questions !  😉 😀

Honnêtement, je me suis éclatée à lire cet article…le pire, c’est que cette Suzanne était lue et que pas mal de femmes ont du subir les retombées de ses écrits…sacrés ramassis de conneries !

 

 

 

Pour la communauté « Il y a 100 ans«  (créée par Clara) chaque semaine, nous devons éditer un article ayant une relation avec la guerre de 14-18…

On parle, on écrit, on raconte, etc etc… ce qu’on veut, à partir du moment où c’est en  relation avec cette période de 14-18…pour tout comprendre, cliquez sur la bannière  claramicalement

Cette semaine, je vais vous montrer un truc que j’ai trouvé drôle sur le moment. Mais en y réfléchissant bien… je vous laisse juge :

 

Je lisais « le petit parisien » de février 1914, lorsque j’ai vu cette pub                                                                       

Pub L'abbé

Je vous la mets ici en plus gros, pour que vous puissiez la lire

Pub                                                     

Alors Mesdames, on souffre des nerfs, de l’estomac ou de maladies intérieures ?

Vous ne le saviez pas, mais chez la femme, la circulation du sang joue un rôle considérable et parfois, le sang n’a plus son cours normal…pourquoi? Mystère…Le sang décide de changer de route…allez hop, il prend le chemin des écoliers…alors là, c’est tout l’organisme qui se détraque et il en découle des maladies graves…Oui, oui, mesdames, c’est très grave !

Mais pas d’inquiétude, courez acheter les flacons de « Jouvence » de l’Abbé Soury…vous éviterez ainsi une foule d’infirmités comme les maladies intérieures de la femme, métrites, fibromes, hémorragies, pertes blanches, règles irrégulières, migraines, névralgies, maladies du retour d’âge, des nerfs et de l’estomac…etc etc

Mais au fait, il me semble avoir vu, il n’y a pas si longtemps, une publicité vantant encore les mérites de ce fameux remède miracle « Jouvence » de l’Abbé Soury !

jouvence-abbe-soury-180-comprimes-jambes-lourdes

 

Les choses ayant évolué, maintenant l’Abbé Soury ne guérit que les jambes lourdes…finis les trucs bizarres de la femme bizarre !

 

 

 

 

 

 

 

 

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