fratrie

 

Cette semaine, pour la communauté la communauté, j’ai choisi de vous raconter l’histoire de la famille Jardot.

En 1914, à Evette, petit village situé à 10 kilomètres de Belfort, vit la famille Jardot. Jules et sa seconde épouse Honorine Marconot ont 8 enfants : 6 garçons et 2 filles.

famille Jardot

 

Aimé, l’aîné de 33 ans, est papa d’un petit Emile. Son frère, Eugène 27 ans, est lui aussi marié et sa femme Emélie est enceinte. Les 2 frères sont installés dans le bourg et tous travaillent à la ferme.

Sans être riche, la famille cultive du seigle et des patates qu’ils vont vendre à Belfort. Il y a aussi le bétail. Puis à Evette on ne meurt pas de faim, la région regorge de lacs et d’étangs riches en poissons.

Le 1er août 1914, la vie des Jardot bascule : l’ordre de mobilisation générale est proclamé à Belfort !

Les frères Jardot abandonnent fourches et charrues et partent faire la guerre. Comme tous, ils pensent qu’ils seront bientôt de retour.

Aimé et Jules sont affectés au 42ème régiment d’infanterie. Léon et Joseph-Alfred sont affectés au 171ème. Eugène, le futur papa, au 172ème. Seule Aristide est affecté comme canonnier dans l’artillerie.

La guerre s’installe sur la Marne. Envoyés fin septembre en renfort dans la Meuse, Léon, Joseph-Alfred, Eugène débarquent à Apremont-la-Forêt…en enfer !

Le 27 septembre 1914, Léon Jardot est « tué à l’ennemi »…il avait 29 ans.

Cinq jours plus tard, le 2 octobre 1914, Eugène, 27 ans, est tué à son tour, au bois d’Ailly…son fils, né 1 mois plus tard, ne connaîtra jamais son père.

A Evette, Constant Peltier, maire de l’époque, se charge du sale boulot : prévenir la famille du décès de leurs enfants. A chacune de ses funestes visites, Honorine Jardot, mère des garçons, tombe en syncope. Le patriarche, Jules, encaisse sans rien dire. Envahi de rhumatismes articulaires déformants, il continue tout au long de la guerre de travailler ses champs avec sa femme, ses filles (Marie et Othilde) et ses 2 brus.

Début novembre 1914, la famille reçoit des nouvelles de Jules. Blessé à la jambe, il a été envoyé en convalescence à Besançon. Peut-être qu’il obtiendra une permission ? Non, il n’y en aura pas.

Le maire Peltier reprend ses sinistres visites à Jules et Honorine car le 3 janvier 1914, Joseph-Alfred (23 ans) est touché par un éclat d’obus, au bois d’Ailly, là où son frère Eugène est tombé quelques mois plus tôt. Le lieutenant Sol raconte, dans une lettre envoyée au curé d’Evette « le soldat Joseph-Alfred Jardot est presque mort dans mes bras. Malgré une goutte d’alcool, la respiration artificielle et les sels ammoniaques, il n’a pu être ranimé, sans doute terrassé par une commotion cérébrale très intense et un commencement d’asphyxie causé par le gaz de la poudre. » Son corps est enterré dans un petit cimetière réservé aux besoins du régiment, contrairement à Léon et Eugène dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

3 semaines plus tard, le 8 février 1915, c’est au tour d’Aristide (28 ans) de mourir, brûlé vif dans l’incendie de son cantonnement à Berny-Rivière (Aisne). Puis le 16 juin 1915, Jules Jardot (31 ans) disparaît lors des combats acharnés de la ferme de Quennevières, à quelques kilomètres de Compiègne. 

A l’été 1915, 9 mois seulement après le début de la guerre, la famille Jardot est décimée. Seul l’aîné, Aimé, est encore en vie. Dans le village, on s’émeut, on crie « ASSEZ ! »

Monsieur Mullet, instituteur au village, décide d’écrire au ministère de la guerre. Il supplie d’épargner aux Jardot un nouveau mort et demande le retrait du front d’Aimé. Le commandement militaire finit par accepter, expédiant le rescapé au fort du Salbert, à 2 pas d’Evette…

Mais il existe une autre version, conservée aux archives départementales de Belfort…sur la fiche militaire d’Aimé, il est noté que son grade de sous-officier est cassé pour « faiblesse dégradante dans son commandement ». On n’en saura pas plus ! Il est envoyé à Issy-les-Moulineaux, puis à Belfort, où il retrouve son foyer.

En 1927, Aimé décède…à Evette une rumeur circule…il se serait suicidé !

Le sacrifice de la famille Jardot est officiellement reconnu par les autorités et le 12 mars 1921, le père Jules reçoit la croix de chevalier de la Légion d’Honneur.

Sa femme n’aura, elle, que ses yeux pour pleurer. 

Aujourd’hui, la maison de Jules et Honorine tient toujours debout, transformée en hangar agricole par leur arrière petit fils.

Une plaque est apposée en 2011 sur la maison natale des 5 frères, illustration macabre du martyr enduré par les poilus de « c’te tiatodge » (cette quatorze en patois local)

freres-jardot_5005475

 

Jusqu’à août 1914, la famille Jardot était au complet…9 mois plus tard, le temps d’une grossesse, 5 des frères étaient morts et le 6ème en sursis !

Je n’ai pas trouvé les dates de décès des parents,  Jules et Honorine Jardot…que de souffrances !

 

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